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Ma petite histoire

Je suis né en France à la fin des années 90, avec une imagination qui ne tenait jamais en place.

Enfant, je construisais des mondes avec mes Playmobil. Je leur inventais des histoires, des rebondissements, des silences dramatiques. Je ne jouais pas : je mettais en scène. Chaque figurine avait un rôle, chaque bataille un scénario. Dans le jardin de mes parents, avec mes amis, nous jouions nos propres films de guerre improvisés. On aurait presque pu croire que tout était écrit à l’avance.

Avec le recul, je me demande si ce besoin de créer était inscrit quelque part. Dans ma famille, les mains savent peindre, coudre, capturer. Il y a des artistes, des photographes, des amoureux du détail. Peut-être que j’ai simplement hérité de cette liberté de regard.

Pour moi, la photographie est arrivée plus tard. En Inde, en 2018.

J’y effectuai un stage, et le week-end, j’empruntais le reflex d’une rencontre devenue un ami. Il m’a transmis bien plus qu’un appareil : il m’a ouvert une porte. À travers ce viseur, le monde prenait une autre dimension. La lumière devenait narration. Les visages devenaient histoires.

Depuis, les années ont passé. Les appareils ont changé. Mais l’élan est resté intact.

Je voyage dès que je le peux, avec cette obsession douce de découvrir, comprendre, ressentir. Chaque culture m’apprend quelque chose. Chaque pays affine mon regard.

En septembre 2025, j’ai quitté mon travail sédentaire à Paris. Une décision à la fois vertigineuse et évidente. J’ai choisi l’inconnu, le mouvement, l’intensité. Depuis, je traverse le monde avec mon appareil comme compagnon fidèle, cherchant à capturer des instants de vie bruts, sincères, lumineux et à leur donner une dimension presque intemporelle.

J’ai collaboré pour la première fois avec des hôtels de luxe, dans un échange de confiance et de création. De nouvelles portes s’ouvrent. Chaque jour, je sens mon regard évoluer, s’affiner. Les défis m’attirent. Les histoires m’attendent.

Aujourd’hui, je ne photographie pas seulement des lieux.

Je capture des fragments d’humanité, pour les rendre éternels.

Je travaille avec un Fujifilm X100V, un appareil compact et silencieux qui me permet de rester discret. Son format léger m’accompagne partout, sans créer de distance avec les scènes que je photographie. J’aime cette proximité qu’il autorise : être au cœur d’un marché, d’une rue, d’un paysage, sans perturber ce qui est en train de se vivre.

Son objectif fixe m’oblige à me déplacer, à chercher l’angle juste plutôt que de zoomer. Cette contrainte nourrit ma manière de composer : elle m’ancre dans l’instant.

La couleur occupe une place centrale dans mon travail. Inspiré par la pellicule Kodak Portra, j’ai développé mes propres filtres pour retrouver des teintes chaudes, légèrement passées, jamais saturées à l’excès. Les rouges restent profonds sans dominer, les bleus conservent une douceur naturelle, et les peaux gardent leur authenticité. L’objectif n’est pas d’embellir arti-ficiellement, mais de recréer une sensation — celle d’un souvenir vivant.

En parallèle, le noir et blanc est devenu un langage à part entière. Je recherche un contraste marqué, une profondeur dense, avec un grain volontairement présent. Ce grain n’est pas un effet : il donne de la texture, il rend l’image plus organique. Il apporte une dimension nostalgique, presque cinématographique, comme une scène extraite d’un film ancien.

Je photographie aussi bien les paysages que les personnes. Les grands espaces racontent la géographie d’un pays, sa lumière, son rythme. Mais les visages en racontent l’âme.

Je privilégie les instants pris sur le vif : un regard perdu, une expression furtive, une fatigue, une joie discrète. Ce sont ces micro-moments, souvent invisibles au premier regard, qui rendent une image sincère.

Chaque photographie est pensée comme un fragment de vie.

Un équilibre entre lumière, couleur et émotion.